Impératifs

Sois. Sois toi. Deviens, quelqu’un. Reste, personne. Peu importe. Sois. Palpable. N’attend pas, n’attend plus.Le pouls à chair de peau. Bat ta mesure. Respire. Les nuages déchirent le ciel. Inspire puis expire. Encore. Écharpe cotonneuse, s’enroule autour des fils électriques. Souffle et soupire. Là-bas, l’ouragan et les vents et les tempêtes. Dévore, bois, avale, goûte,Lire la suite « Impératifs »

Crépuscules

Les couleurs sont franches. Elles ne mentent jamais. Le rose et l’orange dominent, donnent le tempo. Le changement est d’abord discret, presque invisible. La ligne de l’horizon est la première à se modifier. Elle se durcie comme tracée à la règle par un crayon taillé, presque trop affûté. Alors les couleurs s’affichent. Franches. Elle neLire la suite « Crépuscules »

Coupable

Il fait son entrée dans le bureau. De l’extérieur il aurait juré entendre les éclats de voix familiers. Pourtant le silence coule en chape. Les regards sont fuyant. Il écarquille les yeux jusqu’à se faire mal dans le but d’en faire des réceptacles à cette matière flasque, insaisissable qui l’entoure. Tout lui échappe, liquide entreLire la suite « Coupable »

Il y a longtemps que je t’aime

Par ici, comme ailleurs, l’hiver s’en est allé. Le jardin fête comme il se doit l’arrivée du printemps. L’averse hésite, se gonfle, s’enhardit puis renonce bien vite et laisse entrevoir entre les nuages qui s’étirent une palette délavée de couleurs éclatantes. La sève réchauffe l’écorce ridée des branches du chêne centenaire que l’ont croyait morte.Lire la suite « Il y a longtemps que je t’aime »

Diluvienne

Elle escalade lentement, méticuleusement, avec courage et pugnacité l’immense fauteuil du salon. Elle est presque en haut de l’accoudoir. L’ascension est mal aisée, les prises sont rares et ses pieds nus glissent et l’entrainent lourdement vers l’arrière. Chaque centimètre est une petite victoire.Elle aime ce grand fauteuil dans lequel elle voit souvent son père s’asseoirLire la suite « Diluvienne »