Rouge

Carmin

A fleur de peau. Palpitations de tes carotides sous la peau blanche. Métronome précis de tes émotions. Sans prévenir : le claquement sonore du plat de ta main. Écrase le moustique sans même y prêter attention. Seul témoin du carnage: un pendentif vermillon décore ton avant bras.

Pourpre

Tes lèvres écarlates, entières, pleines s’arrondissent en un sourire. Cadeau inestimable que tu m’offres et que je ne saurais refuser. Sur mes pommettes, les éphelides se cachent pudiquement sous un voile rosé

Flamboyant

Les flammes rougeoient dans l’âtre. Lèchent les pierres blanches. Depuis longtemps noires. Charbon. Dévorent les bûches. La lumière rousse crépite sous mes paupières closes. Les essences de houx montent en effluves invisibles. Pour ne pas laisser s’éteindre l’instant je murmure une prière comme un chapelet de petites boules.Vermillons.

Sang

Le sang est froid à présent. Pourtant tout à l’heure bouillonnant et dissimulé des regards sous son enveloppe charnelle. Je tente d’en décrypter le message. Ici, de longues zébrures régulières. Sur le mur des tâches spiculées dont la taille témoigne de la violence de l’impact. Sous le brancard quelques gouttes paresseuses viennent s’écraser en silence sur le sol. Blanc. Au dessus l’empreinte comme le négatif d’un corps. Vide.

Grenadine

Le tissu virevolte trop vite pour imprimer ma rétine. Pourtant tu m’apparaît dans toute ta beauté. Floue, insaisissable. Les variations de vitesse de ta ronde effrénée dessinent une corolle de délicates vaguelettes à la périphérie de l’étoffe. Le velours déploie des centaines de nuances de rouge dans la lumière de ce matin de printemps.

Coquelicot

Gentil coquelicot, mesdames, tu caches en ton cœur écarlate la coccinelle demoiselle. Bête à bon dieu. Nous, nous n’irons plus au bois, voir les beaux lauriers magenta. Car on les a coupés. Mais nous prendrons notre panier neuf pour cueillir des cerises. Rouge grenat. Viendra le crépuscule vermeil. Vole jusqu’aux ciel.

Acajou

Le bois dur est lisse sous la main. Précieux. Poli. Sombre. Mon reflet sur la surface. Ruban pourpre dans mes cheveux sombres. Tu me dit toujours que le rouge me va si bien…Autour seuls les cornées sont rouges. Tout le reste est sombre. Pourtant il semblerait que tu refuses de voir. Les yeux fermés. Ton visage encadré par les planches en acajou. Sombres.

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