Naïvetés

Par ici, comme ailleurs, l’hiver s’en est allé. Le jardin fête comme il se doit l’arrivée du printemps. L’averse hésite, se gonfle, s’enhardit puis renonce bien vite et laisse entrevoir entre les nuages qui s’étirent une palette délavée de couleurs éclatantes. La sève réchauffe l’écorce ridée des branches centenaires que l’ont croyait mortes. Elles parent leur beauté tortueuse de milliers de bourgeons oubliant que le temps de leur jeunesse est déjà loin à présent. Et les jonquilles, finement vêtues de leur robe dorée, se laissent encore surprendre par la fraîcheur matinale du mois de mars.

Notre vieille chatte s’en est allée, au beau milieu des fêtes de Noël. Nous laissant sonnés et hagards. Et comme le chagrin est un invité malpoli et sans gêne qui s’attarde et s’installe nous avons bien vite adopté deux minuscules boules de poils. Frère et sœur d’une même portée que nous passons notre temps à chercher sous les meubles.

Les journées s’étirent, encore engourdies de leur sommeil hivernal et le soleil caresse le ventre blanc des chats au travers du carreaux poussiéreux. Par la fenêtre entre ouverte, la lumière se joue de milles éclats scintillants sur le plafond.

Le temps parait suspendu. La folie du monde a frappée. Trois coups secs sur notre porte. Nous avons fermé à clef, puis jeté la clef au fond du bassin. Seule la vieille carpe se demande encore parfois quel peut bien être cet éclat d’argent enfoui sous la vase, au pied des nénuphars.

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