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Une idée passe
Sur une feuille froissée
Puis s’envole


Au fil des autres …

Vu, lu, entendu… Humeur du jour … Ou de toujours

Toujours mon vieux principe:
ne pas agir au delà de sa capacité à réparer. C’est assez injuste mais ainsi Junon peut presque tout se permettre parce qu’elle peut presque tout réparer. D’autres peuvent peu sinon se laisser pardonner

Un conte de Noël
Arnaud Desplechin

C’était dans un quartier de la ville lumière
Où il fait toujours noir où il n’y a jamais d’air
Et l’hiver comme l’été là c’est toujours l’hiver
Elle était dans l’escalier
Lui à côté d’elle, elle à côté de lui
C’était la nuit
Et elle lui disait
Ici il fait noir
Il n’y a pas d’air
L’hiver comme l’été c’est toujours l’hiver
Le soleil du bon dieu ne brille pas de notre côté
Il a bien trop à faire dans les riches quartiers
Serre-moi dans tes bras
Embrasse-moi
Embrasse-moi longtemps
Embrasse-moi
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c’est maintenant
Ici on crève de tout
De chaud de froid
On gèle on étouffe
On n’a pas d’air
Si tu cessais de m’embrasser
Il me semble que j’mourais étouffé
T’as quinze ans j’en ai quinze
À nous deux on a trente
À trente ans on n’est plus des enfants
On a bien l’âge de travailler
On a bien celui de s’embrasser
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c’est maintenant
Embrasse-moi !

Jacques Prévert

— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située.
— La beauté ?
— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
— L’or ?
— Je le hais comme vous haïssez Dieu.
— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !

L’étranger Charles Baudelaire

Il y a de par le monde, 
Des cris, des coups,
La haine et la jalousie.

Mais la lucidité et le sourire, les désarment
Toujours.
Toujours.

Gabrielle Russier

Juste le temps de battre des cils
Un souffle, un éclat bleu,
Un instant, qui dit mieux
L’équilibre est fragile

J’ai tout vu
Je n’ai rien retenu
Pendant que ton ombre
En douce te quitte
Entends-tu les autres qui se battent
À la périphérie
Et même si tes yeux
Dissolvent les comètes
Qui me passent une à une
Au travers de la tête

J’y pense encore
J’y pense

Septembre en attendant Noir désir

Décidé à ne fréquenter que mes égaux, je ne fréquente bien évidemment personne puisque je suis sans égal
Ignatus J. REILLY

La Conjuration des Imbéciles J. Kennedy Toole